Samedi 30 juillet


           Aujourd’hui, le passé a fait une queue de poisson au présent. 
Entre deux concerts de blues, mon chemin a hasardeusement croisé - à moins que ce ne soit le destin, je vais finir par croire à ces conneries - celui des « copines » d’internat, chose qui n’était pas arrivée depuis 5 ans au moins ; depuis ma nouvelle vie à Paris. Étonnées par une telle bizarrerie anachronique, nous sommes allées parler longuement sur la plage. Sans crier gare, voilà le passé qui se ramène et me replonge dans une mélancolie irraisonnée que je ne pensais plus vivre. 
J’ai passé le reste de la soirée isolée sur la plage, avec pour seule compagnie un morceau de coquillage ; même pas entier, même pas beau, juste un morceau ; à qui je parlais et lui confiais que je plaçais en lui bien plus d’espoir et de tendresse qu’envers l’humanité toute entière. 
Alors, soudainement je me suis vue, et j’étais redevenue trait pour trait la Nina adolescente. Un bon coup de pied là où je pense. Je me ressaisis. 

On idéalise souvent le passé. Quelle connerie.